Les fissures dans l’édifice de nos finances publiques

Le Gouvernement a récemment publié son traditionnel « Programme de stabilité et de croissance », valant pour la période 2017 à 2022. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes des finances publiques luxembourgeoises, avec un taux de croissance économique doublant de 2017 à 2018 en passant de 2,3 à 4,6%, un emploi croissant de plus de 3% par an, une Administration centrale enregistrant à nouveau des excédents à partir de 2021 pour la première fois depuis 2008, des investissements publics élevés, un renforcement des excédents du système de pension donnant lieu à une envolée des actifs du Fonds de compensation et une dette publique de moins de 20% du PIB en 2022. Continue reading

Pour une croissance plus (im)matérielle

Les facteurs de production « classiques », qui sont intrinsèquement à la base du phénomène de croissance, tendent à se raréfier au fil du temps. On songera d’une part à la main-d’œuvre qualifiée – qui ne peut que s’éroder suite au vieillissement démographique – et d’autre part à la conjonction de ressources naturelles moins abondantes et d’un encadrement plus contraignant des émissions de dioxyde de carbone. Dans un tel contexte, qui apparaît déjà en filigrane actuellement, la croissance sera de plus en plus tributaire des hausses de productivité fondées sur le savoir et les actifs immatériels. Continue reading

Finances publiques : entre prudence et dynamisme

Le 2 février 2018, soit quelques semaines à peine après l’entérinement par la Chambre des Députés du budget 2018 (le 22 décembre 2017), le Ministre des Finances a présenté une actualisation de la situation des finances publiques. Cette présentation, dont je tiens à saluer le principe car elle est gage de transparence, n’est pas passée inaperçue. Elle met en exergue une situation apparemment excédentaire de l’Administration centrale, qui aurait dégagé à la fin décembre 2017 un surplus de 364 millions EUR en 2017, alors que le budget voté par la Chambre des Députés le 22 décembre tablait sur un déficit de 880 millions pour l’année 2017. Continue reading

Réforme des pensions complémentaires: une occasion ratée ?

Le Gouvernement a déposé en mars 2017 un projet de loi important[1], qui aboutira à une révision en profondeur de la législation luxembourgeoise sur les pensions complémentaires professionnelles (2ème pilier), notamment en ce qui concerne les obligations d’information, la protection des affiliés, le calcul, le transfert et le rachat des droits acquis, les bases techniques ou encore la fiscalité. Le projet étend par ailleurs l’accès aux régimes complémentaires de pension (RCP) aux indépendants et professions libérales.

Continue reading

Les dossiers de la rentrée : on prend les mêmes et on recommence…

Cette trêve estivale est bienvenue : après une première moitié 2016 très (trop ?) mouvementée, la seconde partie devrait être tout aussi animée. La complexité et l’envergure de plusieurs dossiers font que ceux-ci nous suivront encore des mois, voire des années. Je compte en citer trois plus particulièrement dans ce post, en l’occurrence 1. le Brexit et le positionnement du Luxembourg à son égard, 2. la réforme fiscale avec ses implications sur les finances publiques et 3. la course aux talents pour développer nos niches de compétences dans l’ère digitale, ces trois sujets étant par ailleurs directement ou indirectement liés. Continue reading

Réforme fiscale – Social : oui ! Attractivité : non !

Le « secret » a finalement été levé plus tôt qu’attendu: le 29 février – journée un peu « fuyante » qui ne revient que tous les quatre ans – a été choisi pour révéler les intentions du Gouvernement en matière de réforme fiscale. Il semble que la simplification fiscale attendra : un large spectre de mesures un peu disparates a été dévoilé concernant la fiscalité des ménages et des entreprises. Continue reading

Réforme fiscale : the companies are watching you !

Si la teneur de la réforme fiscale demeure un secret jalousement gardé dont les contours ne seront dévoilés qu’à l’occasion du discours sur l’état de la nation (voire quelques jours auparavant dans le cadre d’une tripartite), certains axes semblent toutefois acquis : une hausse du crédit d’impôt pour salariés, l’abolition de la fameuse « contribution pour l’avenir des enfants » (jamais introduite car devenue entretemps « impôt d’équilibrage budgétaire temporaire »), l’aplanissement de la prétendue « bosse des classes moyennes », des mesures pour les familles monoparentales. La neutralité budgétaire de la réforme, un des principes maîtres au départ de la réforme, semble par ailleurs appartenir au passé. La conjoncture et le Zukunftspak (qui a été à la base présenté pour concourir à l’assainissement budgétaire) sembleraient avoir donné lieu à une « marge de manœuvre », de sorte que des allégements fiscaux seraient désormais envisageables.

Continue reading