Appréciation de la situation conjoncturelle actuelle – mai 2012

L’équation économique reste difficile à résoudre en raison de l’équilibre délicat entre le besoin de freiner l’endettement public en Europe et aux Etats-Unis, de réanimer l’activité économique dans ces mêmes pays, de créer des structures économiques soutenables en Chine et de faire face aux risques induits par l’envolée des prix de l’énergie.

En Europe, les situations économiques sont hétérogènes. En 2011, le PIB de la France a progressé de 1,7% (après une croissance de 1,4% en 2010) et devrait rester stable en début d’année 2012. L’Allemagne devrait également échapper à la récession : après un dernier trimestre en baisse de 0,2%, le PIB devrait se redresser à partir de ce début d’année. Toutefois, la situation économique reste préoccupante dans d’autres pays de la zone euro, notamment dans les pays du sud de l’Europe.

Quant à la situation macroéconomique au Luxembourg, le PIB a enregistré une légère progression au cours du 4e  trimestre 2011 de 0,2% par rapport au 3e trimestre (+0,8% sur un an). Une croissance du PIB en volume de 1,6% est donc enregistrée pour l’ensemble de l’année 2011, après +2,7% en 2010 (et -5,3% en 2009). L’économie luxembourgeoise aborde 2012 dans une configuration de quasi-stagnation.

Les services financiers ont été lourdement impactés par la dégradation de l’environnement financier européen et restent dans une tendance baissière qui perdure depuis la mi-2010[1]; ils pourraient connaître une évolution plus favorable au 1er trimestre 2012, les marchés financiers ayant bénéficié d’un climat plus serein, mais les perspectives se caractérisent par une volatilité et une incertitude élevées.

L’industrie enregistre pour sa part un 3e trimestre consécutif de baisse en termes de valeur ajoutée (-4,6%) et les enquêtes de conjoncture du début 2012 indiquent une poursuite de cette dégradation[2].

Le ralentissement du PIB sur les derniers trimestres se transmet progressivement au marché du travail : le 4ème trimestre a enregistré moins de créations d’emplois (avec une hausse simultanée du chômage) et les données déjà disponibles sur le début de 2012 semblent confirmer la détérioration.

S’agissant des finances publiques, le Ministre des Finances, Luc Frieden, a présenté récemment un état des lieux au 31 mars 2012. Le Gouvernement a enregistré 161 millions EUR de recettes (soit -5,3 %) en moins que fin mars 2011. L’impôt sur les collectivités a par exemple baissé de 47% (-252 millions EUR) entre 2012 et 2011 (janvier-mars). La TVA est en hausse de 6%, ce qui est en ligne avec les prévisions retenues dans le cadre du budget 2012, et ce principalement en raison d’une hausse des recettes sur le commerce électronique. Ces recettes ne sont toutefois pas durables. La taxe d’abonnement a diminué de 10% (-16 millions EUR).

Quant aux dépenses, elles sont en hausse de 11,3% (soit 365 millions EUR de plus qu’à la même époque en 2011), la consommation intermédiaire de l’administration centrale ayant notamment augmenté de 10%.

Au total, le solde de l’administration centrale enregistre un déficit de 700 millions EUR au 1er trimestre 2012. Les mesures de consolidation budgétaires arrêtées début mai par le Gouvernement sont donc inéluctables.

D’autres indicateurs sont analysés dans la rubrique Photo mensuelle de l’économie de l’édition 3/2012 du Merkur, qui propose également une appréciation de la situation conjoncturelle luxembourgeoise par un Chef d’entreprise. Dans cette édition, Monsieur François Koepp, secrétaire général de l’Horesca et membre élu de la Chambre de Commerce, a eu l’amabilité de nous fournir son appréciation.


[1] Source : STATEC, Conjoncture Flash d’avril
2012.

[2] Ibidem.

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