Maîtriser les coûts et l’inflation via une indexation « conforme RIFKIN »

Le processus de Troisième Révolution Industrielle (TRI) a été lancé en 2015, avec le concours du Ministère de l’Economie, de la Chambre de Commerce et de IMS. Je me félicite de ce travail prospectif, innovant et de longue haleine, qui permet au Luxembourg de disposer de très utiles balises en vue de son adaptation à la « nouvelle donne économique ». Continue reading

Notre économie tourne bien, mais des nuages apparaissent à l’horizon

A première vue, l’économie luxembourgeoise se porte bien. Au cours du premier trimestre de 2018, le PIB en volume s’est accru de 5% environ en glissement annuel. Selon les projections du STATEC de mai 2018, le taux de croissance demeurerait d’ailleurs soutenu pour 2018 dans son ensemble et en 2019, avec respectivement +3,9 et +4,0%. Durant les six premiers mois de l’année et toujours sur un an, l’emploi total a quant à lui progressé de près de 4%. Peu de pays peuvent se prévaloir de résultats similaires, sauf éventuellement des économies émergentes ou en besoin de rattrapage économique. Or on peut difficilement accoler cette étiquette au Grand-Duché… Continue reading

Gouvernement(s) : quel bilan, quels défis, quels no-gos ?

Au moment où une législature s’achève, il me paraît judicieux de tirer un premier bilan de l’expérience gouvernementale. Une évaluation forcément incomplète à ce stade, car c’est souvent avec un certain recul – voire même un recul certain – que peut être correctement appréhendée une politique forcément multiforme et dont certains effets ne se dévoilent qu’au fil du temps. Un bilan nécessaire cependant, car il souligne les défis auxquels sera confronté le prochain Gouvernement, qui ne disposera certainement pas d’une éternité pour poser ses premiers jalons et mettre en œuvre les réformes requises.

Quel bilan ?

Il me semble qu’on puisse inscrire au crédit du Gouvernement actuel les initiatives liées notamment au « processus Troisième Révolution Industrielle », visant à favoriser une croissance plus qualitative, assise sur des gains d’efficacité plutôt que sur l’utilisation croissante de ressources non extensibles à l’infini (l’emploi frontalier, par exemple). Je note aussi la volonté de diversifier l’économie – en direction du spatial par exemple – et d’accroître son intensité en recherche et développement. Le tout a été mis en œuvre sans négliger la place financière, comme le montrent les efforts de promotion des Fintech et les actions accomplies afin de favoriser la transparence fiscale – qui sont essentielles autant pour la réputation internationale du Luxembourg que pour le fonctionnement au jour le jour de nos sociétés financières.

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Retour vers le futur… du travail (ou comment former à des professions qui n’existent pas encore)

Selon la note de conjoncture de juin 2018 du STATEC, depuis 2013, le taux des postes vacants augmente tant au Luxembourg que dans l’ensemble de la zone euro, et ce, surtout dans les secteurs des services aux entreprises, des TIC et de l’Horeca. Pourtant, le Grand-Duché garde un taux de chômage avoisinant les 5,4% (taux similaire à celui d’avant-crise) avec quelques 15 000 personnes sans emploi. Si on enlève de ces chiffres l’impact du chômage frictionnel, c’est-à-dire le chômage « naturel »  issu de la transition et du délai nécessaire à une personne pour trouver un emploi, cela nous fait plus de 6700 personnes en recherche d’emploi. Il persiste donc un phénomène de divergence entre offre et demande sur le marché du travail qui prend ses racines dans un déséquilibre de compétences d’ailleurs identifié par l’European skills and jobs survey (ESJS) réalisé en 2014 dans les 28 Etats membres de l’Union Européenne[1].

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De la laine de roche dans mon yaourt, ou l’effet NIMBY à la sauce luxembourgeoise !

Le Luxembourg ne verra donc pas l’investissement de l’entreprise Knauf sur son sol. A priori, on pourrait se dire que, dans une optique transfrontalière et régionale, une implantation d’une nouvelle entreprise industrielle chez notre voisin français est une bonne chose, pour équilibrer quelque peu le développement économique sur le territoire de la Grande Région, dont peut bénéficier indirectement le Grand-Duché. Les réflexions autour de la croissance qualitative doivent englober aussi des considérations en matière d’aménagement du territoire et d’organisation de l’espace dépassant les frontières luxembourgeoises. Continue reading

Pour une croissance plus (im)matérielle

Les facteurs de production « classiques », qui sont intrinsèquement à la base du phénomène de croissance, tendent à se raréfier au fil du temps. On songera d’une part à la main-d’œuvre qualifiée – qui ne peut que s’éroder suite au vieillissement démographique – et d’autre part à la conjonction de ressources naturelles moins abondantes et d’un encadrement plus contraignant des émissions de dioxyde de carbone. Dans un tel contexte, qui apparaît déjà en filigrane actuellement, la croissance sera de plus en plus tributaire des hausses de productivité fondées sur le savoir et les actifs immatériels. Continue reading

Une hausse du SSM, un cadeau empoisonné pour les ménages modestes

Cent euros nets en plus pour les salariés qui touchent le salaire minimum, c’est l’idée émise par le Ministre du Travail sur les ondes de RTL en ce début d’année (électorale). Mieux rémunérer les salariés du bas de l’échelle pour le travail qu’ils accomplissent est une intention qui semble louable. Toutefois, cette proposition repose sur une analyse incomplète des mécanismes agissant sur les inégalités et la pauvreté du Luxembourg et l’omission de la prééminence des entreprises dans la création de richesse pour tous. Continue reading

La croissance qualitative – avec les entreprises !

La reprise économique paraît enfin bien arrimée en zone euro. En témoigne par exemple une croissance qui selon la Commission européenne a atteint 2,2% en 2017, soit le taux le plus élevé depuis 2007. Cette vague bien plus porteuse qu’anticipé au printemps 2017 ne peut que déferler sur le Grand-Duché, dont 54% des exportations de biens et services ont pour destination la zone euro. Ainsi, l’indicateur de confiance des consommateurs de la Banque centrale a atteint en novembre 2017 son sommet depuis que l’enquête existe (soit depuis juin 1999), toutes ses composantes étant orientées à la hausse. Cette évolution positive est confirmée par la nouvelle enquête Eurochambres (publiée le 7 décembre), qui met en évidence un climat des affaires relativement encourageant en 2017 et 2018, même si cette situation d’ensemble est légèrement atténuée par certains résultats de l’industrie manufacturière. Dans ce contexte et selon la dernière Note de conjoncture du STATEC, la croissance économique du Luxembourg aurait été de 3,1% en 2016 et de 3,4% en 2017. Continue reading

Quant au futur du libre-échange…

Le mois dernier, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a augmenté ses prévisions de croissance du commerce mondial de 2,4 à 3,6% pour 2017, soit presque trois fois plus qu’en 2016. Les grands blocs économiques, dont également l’Union Européenne, en profitent. En même temps, l’OMC freine l’optimisme en soulignant que plusieurs facteurs de risques menacent l’économie mondiale. L’organisation cite les risques géopolitiques, les catastrophes naturelles, mais aussi les tendances protectionnistes, qui constituent, à mon avis, un grand danger pour notre société, pour le commerce international, pour le marché intérieur européen et avant tout pour des économies ouvertes comme celle du Grand-Duché, qui porte l’internationalisation et l’ouverture vers l’extérieur dans son ADN. Continue reading